Animations
Nos lectures
Rechercher parmi nos chroniques
Pourquoi se priver d'un voyage ailleurs, en Guinée Bissau grâce au talent de Sylvain Prudhomme ?
Printemps 2012, un jour apparemment comme un autre débute, pour Couto, merveilleux musicien du groupe mythique Super Mama Djombo, par une terrible nouvelle, la mort de Dulce, son premier amour, la chanteuse du groupe. La journée se passera pour lui en souvenirs mais aussi en rencontres, la ville bruissant de rumeurs précises sur la préparation d'un coup d'état...
Musique, politique, amours se mêlent dans ce récit captivant et très agréable à lire grâce à une écriture simple et belle.
Véronique
Le premier tome de cette série, Fauve d'Or du Festival d'Angoulême en 2015, avait fortement marqué les esprits. C'est donc avec beaucoup d'impatience et pas mal d'émotion que nous retrouvons le petit Riad, enfant de six ans, blond comme les blés, grandissant dans la Syrie d'Hafez el-Assad, dans les années 80. Dans ce récit autobiographique, Riad Sattouf nous décrit son quotidien, dans un petit village près de Homs, entre sa maman bretonne, qui s'acclimate comme elle peut, et son papa syrien, dont l'ambition reste plus que jamais de faire de son fils un Arabe moderne et éduqué, bref, un Arabe du futur. Il y raconte sa première année sur les bancs de l'école, la maîtresse et ses coups de règle, les nouveaux copains, l'art de la débrouille.
Le ton candide de l'enfant contraste avec la violence de ce quotidien plutôt sombre où rien n'y personne n'est épargné : ni le pays, ni ses habitants, ni même son père, qui sont tous croqués par Riad Sattouf avec le même humour corrosif qui avait fait mouche dans le premier tome. Le dessin terriblement expressif rend palpables les personnages et le traitement des couleurs en bichromie nous plonge dans une ambiance particulière. Bref, c'est comme si on y était, en Syrie, en 1984.
Si vous n'aviez pas lu le premier opus, lisez sans hésiter ce deuxième tome, à la fois touchant et percutant. Vraiment incontournable pour les amateurs de bonnes bandes dessinées et pour tous ceux qui veulent découvrir la Syrie avec le regard d'un enfant.
Delphine
Couvrant la période de 1934 à 1947, le récit se décline en chapitres courts et procède par flash-backs, alternant la vie des deux protagonistes principaux, Marie-Laure et Werner.
Le destin fera se croiser leurs vies dans les dernières séquences du roman.
Marie-Laure est une jeune aveugle, calme et déterminée, élevée à Paris par son père, menuisier de génie et serrurier au musée d'Histoire Naturelle. Elle dévore les livres en braille que ce dernier lui offre.
Les Allemands envahissent Paris, Marie-Laure et son père se réfugient à Saint-Malo chez l'oncle Etienne, sous la bonne garde de madame Manec.
Werner est orphelin, élevé avec sa soeur Jutta, par Frau Elena qui fait des merveilles avec le peu dont elle dispose à l'orphelinat. Werner est curieux et surdoué en mécanique. Il sera repéré et enrôlé, malgré lui, dans les jeunesses hitlériennes.
Anthony Doerr montre très bien comment une idéologie dominante telle que le nazisme parvient à modeler les êtres à sa manière.
Mais Toute la lumière que nous ne pouvons voir n'est pas seulement un roman sur la guerre, il met aussi en scène de beaux personnages et dégage une certaine poésie par la manière dont Marie-Laure perçoit la vie, son approche des choses, des sentiments qu'elle définit en couleurs et en odeurs, et par la légende d'un diamant qui est un des fils rouges du récit.
L'écriture est simple, la lecture addictive!
Véronique B.
Avril 2015
Un excellent thriller, tout en finesse psychologique, sans enquêteur mais sous le regard de Rachel, la fille dans le train, celle qui invente la vie du couple qu'elle observe chaque matin , dans la petite maison aux bords des voies...
Rachel, très seule et très paumée, attachante en diable mais aussi Megan, la fille vue du train, sans oublier Anna, la voisine de Megan et, attention, femme de l'ex-mari de Rachel, Tom, trois portraits de femmes tissés serrés pour une intrigue très réussie.
Véronique G
Mai 2015 - également disponible en format numérique via Librel.
Sylvain Savoia, le talentueux dessinateur de la série "Marzi" scénarisée par Marzena Sowa, s'est lancé cette fois en solitaire dans cette belle aventure artistique et humaine qu'a été la création et l'écriture de cette bande dessinée.
Contacté par l'archéologue Max Guérout, il a accompagné plusieurs expéditions montées par l'UNESCO sur le petit îlot des Sables, perdu en plein coeur de l'Océan Indien. Son projet : mettre en dessin l'incroyable histoire de ces esclaves malgaches naufragés puis abandonnés par les blancs en 1761 sur cette petite bande de terre et qui, par leur force et leur courage, ont réussi à y s'adapter et à y survivre pendant quinze ans. Sur base de documentation et aidé par les fouilles effectuées sur place par les archéologues, Savoia nous fait partager avec beaucoup d'humanité la destinée de ces hommes, ces femmes, ces enfants abandonnés dans un tel isolement.
En écho, il nous livre le récit sincère et très engagé de son séjour sur l'île déserte, face à l'immensité de l'Océan, avec pour seule compagnie l'équipe de scientifiques le jour, et les milliers de bernard-l'hermite la nuit. Un vrai journal de bord où l'auteur essaie d'entrevoir ce qu'ont pu ressentir les naufragés au XVIIIe siècle et nous dévoile ses pensées, ses réflexions et ses émotions dans une telle aventure.
Cette bande dessinée, servie par un dessin précis et touchant, est une très belle leçon d'humanité, avec beaucoup de souffle !
Delphine
River Blues débute aux USA dans les années 1920. A cette époque, la Louisiane est frappée par un terrible ouragan (peut-être similaire à Katrina) et la région se retrouve sous eaux pendant plusieurs mois. Les familles sont disloquées, les amis se perdent de vue et de longues périodes d'errance débutent. Robert Lee Chatham est un noir américain à peine adolescent à l'époque, qui se voit forcé de quitter sa famille et de vagabonder. Ses rencontres seront parfois heureuses, souvent violentes.
On le retrouve dans les années 1940. Ce sont alors les machines qui viennent chasser certaines familles de leurs terres. L'urbanisation du pays est en route et de grandes réserves naturelles sont attaquées à coups de dynamite, forçant des trappeurs notamment à errer eux aussi. Robert, qui vivait avec une famille de trappeurs depuis quelques temps, se retrouve à nouveau sur les routes. Ce nouveau voyage le ramènera-t-il enfin vers des jours plus heureux?
River Blues est, comme son nom l'indique, teinté de blues. C'est un livre parfois dur, mélancolique mais aussi une ode à la nature. L'auteur a à peine 30 ans on lui souhaite plein de succès pour la suite.
Catherine
Avril 2015
Assez unique en son genre, cette bande dessinée vous étonnera certainement !
Nous y suivons le destin d'une famille en pleine déliquescence : celle des von Schlitt, aristocrates dont l'heure de gloire appartient déjà au passé et qui tentent de garder la tête hors de l'eau dans une Prusse en pleine mutation en ce début de XXe siècle. Entre un père à la figure imposante, ancien grand cavalier héroïque de Prusse qui laissa une de ces jambes au combat, et la figure absente d'une mère en cure permanente dans un sanatorium en Suisse, les deux jeunes frères von Schlitt tentent de répondre aux exigences d'une famille de haut rang, et de faire honneur à la Tradition, mais chacun à sa manière. Oswald, l'aîné est fonceur et bagarreur, et Ludwig, le second, est rêveur et effacé. A l'école des cadets, ils se feront remarquer pour des raisons différentes et marqueront l'histoire d'une manière tout à fait inattendue... et en changeront le cours.
Avec cette intelligente uchronie, le très inspiré et étonnant auteur flamand Simon Spruyt nous plonge dans cette atmosphère fin de règne et nous décrit avec beaucoup de finesse les errements intérieurs de deux adolescents en pleine quête d'identité. Il parvient aussi avec son dessin à l'aquarelle d'une grande beauté à créer de troublantes ambiances où le lecteur se retrouve immergé avec plaisir... avant la douche froide finale !
Une bande dessinée saisissante à découvrir !
Delphine
Et si le diable en personne existait vraiment ?
John Petersen est un garçon né dans le sang. Élevé par un grand-père sévère et rejeté par les habitants de son village, le petit garçon s’est au fil du temps rangé dans les rangs du Malin, violant les femmes et éventrant les bêtes sans une once de scrupule. Sa force pour échapper à la justice ? Ignorer la culpabilité et gouverner le mensonge. Les vices qui émanent de lui et les sévices qu’il fait subir à ses victimes ont-ils fait de lui un démon dont l’issue ne peut être différente que celle des âpres routes de l’Enfer ? Jarvis Jefferson, le shérif du petit village de Carson Mills, s’efforcera corps et âmes de faire régner la vérité autour de celui que tout le monde craint.
Ce roman embarquera les adeptes des thrillers et des histoires les plus noires. Jusqu’à la dernière ligne, Maxime Chattam emmène le lecteur dans un tourbillon d’évènements qui font froid dans le dos mais qui font croître un suspense de plus en plus intenable. Le personnage de l’histoire, aussi abject que méprisable, fait tiquer, grimacer, pleurer ; sortira-t-il vainqueur de la justice des hommes ? Et surtout, réussira-t-il à échapper à la justice de Dieu ? Un roman qui captive par l’intrigue et séduit par le style. Maxime Chattam a frappé fort, mais il a frappé juste.
Déborah
La collection Domaine du possible, chez Actes Sud, nous propose à nouveau un texte interpellant, engagé et qui par ailleurs se lit comme un roman. Lionel Astruc nous entraîne auprès de Vandana Shiva, physicienne et militante indienne. La vie de cette femme est pour ainsi dire passionnante. Véritable militante écologiste, féministe intelligente, son discours a tout du bon sens, que ce soit en matière alimentaire, sociale ou environnementale... Mais notre société est-elle encore capable de bon sens lorsque les enjeux financiers sont énormes?
Véritable plaidoyer contre les semences hybrides fabriquées par les géants de l'agro-industrie (Monsanto et consorts), ce livre présente les grands enjeux en matière d'agriculture et d'alimentation en Inde aujourd'hui et fait la lumière sur le travail de Vandana Shiva qui se bat pour réintroduire des banques de graines en Inde, permettant de (re)donner aux agriculteurs une autonomie nécessaire à leur subsistance. Ces banques permettent aux agriculteurs de se procurer des semences sans s'endetter, des graines qui leur permettent de cultiver la terre de leur région, et de produire des aliments destinés à nourrir leurs familles et la population locale.
Une lecture passionnante et donneuse d'espoir.
Catherine
Arno Geiger est un des grands écrivains autrichiens contemporains. Nous l'avions découvert avec le récit très réussi et très intimiste "Le vieux roi en son exil" où il se livrait sur son rapport à son père atteint de la maladie d’Alzheimer. Geiger change totalement de registre ici avec "Tout sur Sally" qui est une foisonnante autopsie de la vie conjugale à travers le personnage de Sally, quinquagénaire tourmentée, délurée et toujours séduisante.
Ce livre raconte une histoire, celle de Sally et Alfred, mais il porte aussi en lui toutes les interrogations sur le temps qui passe, sur la passion des premiers mois qui se mue en tendresse, sur l'amour, sur le sexe, sur l'intimité, sur le regard qu'on porte sur l'autre au fil des années, sur ce qu'on décide d'ignorer ou au contraire d'affronter...
On lit ce livre, non pas pour l'histoire, mais bien pour le suivi psychologique qui est fait des différents personnages et où finalement aucun n'apparait comme tout blanc ou tout noir. On s'attache aussi bien à Sally qu'à Alfred, et même à leurs amis Nadja et Erick qui troublent leur vie conjugale.
Catherine
Mars 2015 - existe aussi en format numérique.
Un tout bon roman graphique qui nous fait revisiter "L'Odyssée" d'Homère avec plaisir ! On plonge dans cet univers épique qui n'a finalement pas pris une ride, on s'évade sur l'île d'Ithaque avec de très belles ambiances méditerranéennes, et on redécouvre surtout Ulysse comme un homme à l'intelligence sensible et à la force tranquille, un homme en guenilles avec ses failles, plutôt que comme un héros lisse et poussiéreux.
Le récit est émaillé d'interventions de spécialistes de l'oeuvre d'Homère, autant d'approches qui donnent de la consistance et un ancrage contemporain à ce récit vieux de plusieurs millénaires, et le rendent vivant et passionnant.
On apprécie beaucoup le dessin expressionniste, presque primitif, les belles ambiances, les couleurs chaudes. Bref, de cette lecture, on sort heureux ! Heureux qui comme Ulysse...
Delphine
Chili 1973 : Salvador Allende se suicide dans son bureau du Palais de la Moneda, encerclé par les putchistes du général Pinochet. C'est la fin de l'idéal socialiste d'Allende, le début de la dictature au Chili. Ce roman graphique nous fait revivre à travers les destins de deux militants du mouvement révolutionnaire MIR, Carmen Castillo et son compagnon Miguel Enriquez, tout un pan de l'histoire de ce pays. Depuis les espoirs et les élans des partisans d'Allende, avant et pendant son accession au pouvoir, en passant par le sanglant Coup d'Etat de 1973, jusqu'à la période sombre des persécutions et des tortures des militants par le général Pinochet.
Ce roman graphique nous livre une vision lucide sur une noire période de l'histoire en Amérique latine, mais nous touche surtout par le courage de ces militants, de ces hommes, de ces femmes, qui refusent d'abandonner leurs rêves, qui résistent. A tout prix...
"Vaincus mais vivants" est un témoignage engagé, une très belle réussite graphique, avec une belle ambiance de couleurs.
Un vrai coup de coeur !
Delphine
C'est effrayant et drôle à la fois. Vraiment drôle, et vraiment inquiétant.
Vernon est un ancien disquaire qui, de chute en chute, finit par se retrouver à la rue. Il avait son propre commerce, il côtoyait quelques stars. Il a dû fermer boutique et s'est progressivement isolé, quittant de moins en moins son appartement. Il perd coup sur coup trois vieux amis et finalement se fait expulser de son logement.
Mais ce n'est pas là ce que raconte le livre, c'est seulement là qu'il commence! Car Vernon commence alors une chasse à l'hébergement qui le conduit chez des anciennes connaissances et sont l'occasion pour Despentes de dresser toute une galerie de portraits de Parisiens d'aujourd'hui, côté rock, culture, sexe et drogues. Chaque personnage est crédible et bien charpenté, de la jeune femme hyperconnectée au scénariste aigri et manquant durement de lucidité, en passant par l'ancienne actrice de porno, par le trader fou et cocaïné (ça fait peur) et j'en passe.
Virginie Despentes peut être dure avec ses personnages, mais sans jamais passer la barre qui nous empêche totalement de nous attacher à eux, et c'est là ce qui fait la force de ce livre. Il nous parle bien du monde d'aujourd'hui et de nous, même s'il nous sort de notre univers. Cynique mais pas sur le même mode qu'un Houellebecq, le livre, bien que parfois désespéré, laisse la possibilité au lecteur de faire le choix de la révolte...même s'il laisse entendre qu'une révolte à la "Flower Power" ne serait plus suffisante ni suivie. A nous de voir...
Natacha
Janvier 2015
Au commencement de cette histoire : une famille américaine traditionnelle, une maison de banlieue, un gamin joueur de base-ball. Le père, Arthur Wise, est un avocat ambitieux.
La réussite de ce dernier va conduire la famille au Cape Cod dans une superbe maison où l'argent coule à flots, où la mère, de simple ménagère, devient une femme au consumérisme frénétique.
Hilly, le fils, fil rouge de ce roman en trois temps, raconte son adolescence à Bluepoint (Cape Cod), l'été où il tombe amoureux fou de Savannah, jeune noire et nièce du boy de la famille, Lem Dawson. Un amour interdit dans ce pays où la ségrégation persiste.
Hilly devient journaliste puis père de quatre filles. Toute sa vie, il sera hanté par cet amour de jeunesse et rongé de culpabilité par la mort de Lem, le boy de couleur. Il n'aura de cesse de retrouver Savannah. C'est un homme tourmenté par la fortune de son père, fortune qu'il n'acceptera que bien plus tard et qu'il gérera à sa manière.
Mais la culpabilité et les bonnes intentions peuvent-elles racheter le passé ?
Un premier roman américain ambitieux et réussi.
Véronique B
Février 2015 - existe aussi en format numérique.
Fourmillante, trépidante, pétillante, Barcelone se révèle dans ce livre de Grégoire Polet, à travers une quinzaine de personnages très attachants dont les destins se croisent... ou pas. Un père qui cache ses soucis à sa famille, une journaliste aventurière, une femme en révolte qui occupe des places, s'installe dans un arbre, un squat, une gentille famille d’expatriés français,... Et puis, au centre, un personnage urbain : Barcelone. Comme dans un autre roman de Grégoire Polet où Paris jouait le premier rôle, c'est ici la bouillante capitale de la Catalogne qui est au centre du roman.
C'est rudement bien écrit, dans un style original qui ne manque pas d'humour. Et surtout, à travers ce roman choral, c'est l'Europe contemporaine en crise et en recherche d'une nouvel art de vivre ensemble qui se dessine, qu'on observe et qu'on rêve plus solidaire et apaisée à l'avenir.
Catherine
Janvier 2015 - existe aussi en format numérique.
Avec justesse, Phil Klay décrit la guerre et ses désillusions à travers ce recueil de nouvelles. Il nous entraîne tantôt en Irak lors des attaques ou dans les longs moments d'ennui, tantôt aux USA lorsque les soldats sont de retour et qu'il leur faut vivre avec les images cauchemardesques qui les hantent ainsi qu'avec le poids du regard des autres sur leur statut de « soldat ».
Ce livre est lucide, interpellant. Il nous parle de la guerre avec nuance et c'est peut-être cela qui est particulier. Il n'est ni noir, ni blanc bien que fortement gris. Il est pourtant émouvant également. L'auteur, lui-même ancien combattant d'à peine une trentaine d'années, couche sur le papier une écriture terriblement sensible et nuancée (bien que la première nouvelle soit assez 'cash' dans son vocabulaire et violente, surtout ne pas s'arrêter là).
Voilà un auteur qu'on aimerait bien vite retrouver et suivre pour voir où il peut nous emmener.
Phil Klay sera à Namur le vendredi 28 août lors de l'Intime festival!
Catherine
Février 2015.
La vie de Lila... elle se passe sur les routes à suivre les adultes que se déplacent de ferme en ferme et travaillent comme saisonniers, sans jamais se poser. La vie de Lila, elle la passe à apprendre tant de choses de la nature et sur les hommes en bien, en mal. Et au bout du chemin, rencontre un vieux pasteur qui tombe en amour.
De discussions en discussions ensemble, va-t-elle enfin lui faire confiance et se poser?
Intemporel et tout simplement beau.
Véronique
Février 2015 - aussi disponible en format numérique.
Cette lecture est une porte ouverte étonnante sur la vie de la diaspora indienne et son intégration à la société américaine. Un univers qui m'était tout à fait inconnu.
La communauté indienne aux Etats-Unis semble en effet fort soudée, organisée et tente de s'intégrer tout en perpétuant les rites propres à sa culture. Probablement largement autobiographique, ce livre percutant est émouvant et très intime. L'auteur se livre avec honnêteté, il nous parle d'exil mais aussi de la famille tout simplement.
Catherine
Janvier 2015 - aussi disponible en format numérique.

Après La merditude des choses pour lequel il a été primé et la géniale Entrée du Christ à Bruxelles, Dimitri Verhulst reprend sa plume incisive dans ce nouveau roman plutôt réussi.
Désiré, 75 ans, décide de se débarrasser une bonne fois pour toute de son épouse acariâtre et étouffante, Monik, en simulant la maladie d'Alzheimer. Petit à petit, il va réussir à convaincre sa famille qu'il perd la raison, et obtenir qu'on le place en maison de retraite pour retrouver la paix, loin de sa femme.
Comme toujours, Verhulst est redoutable de noirceur et d'acidité. Sa plume est virulente et efficace, les situations burlesques qu'il y décrit sont parfois drôles, parfois tragiques, toujours diaboliques. Car cet auteur flamand est le roi du tragi-comique et l'intelligence de ce roman est de nous montrer un homme qui en voulant tromper ses proches, finit par se perdre lui-même.
Peut-être un peu moins surprenant que ses romans précédents, ce livre se révèle malgré tout un condensé d'humour noir où l'on passe du sourire amusé aux larmes, en passant par un rire un peu jaune, et nous donne à réfléchir sur la question de la vieillesse.
Certainement, un très bon moment de lecture.
Delphine
Rentrée littéraire - janvier 2015
Dans ce roman de Peter Ackroyd, nous plongeons dans le Londres populaire d'après-guerre, en suivant le destin de trois frères dans un quartier ouvrier du nord de la ville.
Si Harry, Daniel et Sam sont très soudés enfants, la famille va se dissoudre suite au départ brutal mais définitif de leur maman quand les trois garçons n'ont pas encore dix ans. Ils vont rapidement prendre leur indépendance et suivre des routes très différentes en fonction de leurs affinités et de leurs caractères : l'aîné, ambitieux et opportuniste, va gravir de manière fulgurante les échelons du quotidien Le Chronicle pour en prendre la direction très jeune, le second, intellectuel plus introverti, obtiendra une bourse pour la prestigieuse université de Cambridge ou il sera nommé professeur de Lettres et le cadet, solitaire marginal, finira homme à tout faire d'un puissant et sombre homme d'affaire dans l'immobilier.
À travers les destins croisés de ces trois jeunes hommes, Peter Ackroyd dépeint une réaliste, assez noire et foisonnante fresque de la ville de Londres, et nous décrit avec un flegmatisme tout british ses intrigues, ses jeux de pouvoir, son cynisme, dans le monde du journalisme, de la politique, de la littérature et des affaires.
Avec son écriture précise, Ackroyd parvient à rendre vivante la ville, à faire sentir les ambiances, les odeurs, les couleurs de chaque quartier. Il nous happe aussi dans une intrigue extrêmement bien ficelée où les voies de ses trois personnages centraux vont habilement se séparer avant de se recroiser plus loin.
Belle ambiance, roman passionnant !
Delphine
Rentrée littéraire - Janvier 2015
Comédie familiale, pleine d'ironie, regard acéré sur notre époque, sous forme de parodie.
En 1980, un père nombriliste et ses trois fils assistent au spectacle d'un hypnotiseur qui leur révèle au fil du tour ce que vont être leurs destins. Trente ans plus tard, les trois frères font le bilan de leurs vies. Martin s'est fait prêtre sans conviction. Yvan est peintre et critique d'art cynique. Eric est conseiller financier et se retrouve au chômage, viré suite à la crise de 2008.
Mensonges, méprises, angoisses et psychotropes. Un tout bon roman drôle et intelligent.
Véronique B.
Janvier 2015 - aussi disponible en format numérique.
Dans ce très beau roman, Rosa Montero mélange avec intelligence et humour les genres : notes biographiques sur Marie Curie et notes intimes très personnelles, avec comme point commun l'amour d'un homme et la perte de cet amour.
De multiples questions surviennent et sont abordées avec finesse. Comment survivre au deuil? Qu'en est-il de la résilience? De la relation entre l'homme et la femme? Et la littérature dans tout cela?
"Les romans nous unissent au reste de l'humanité, la littérature fait de nous une partie d'un tout et, dans le tout, la douleur individuelle semble faire un peu moins mal".
Original, surprenant, à découvrir.
Véronique B.
Janvier 2015 - aussi disponible en format numérique.
La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel, Romain Puertolas, Le Dilletante
Après le succès de son premier roman L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, Romain Puértolas a la barre haute pour réussir son deuxième roman. Et le défi nous semble relevé.
L'auteur nous entraîne encore une fois dans une aventure enlevée, rythmée, pleine de fantaisie, dans les airs entre la France et le Maroc. C'est l'histoire déjantée mais touchante d'une jeune factrice qui est prête à tout pour sauver sa petite fille adoptive marocaine, atteinte de mucoviscidose. Prête à voler de ses propres ailes...
Dans ce livre, on s'évade et on s'amuse de la peinture gentiment caustique que nous dresse Puértolas de la société d'aujourd'hui. Un moment de lecture très agréable, sans prétention, pour avoir l'humeur légère ... comme un nuage.
Delphine
Janvier 2015 - aussi disponible en format numérique.
Ifemenu est une jeune Nigériane brillante et vive qui décide, vers 20 ans, de partir en Amérique, comme bon nombre de ses compatriotes, dans l'espoir de se former et de se garantir un avenir meilleur. En partant, elle laisse derrière elle son grand amour Obinze, mais aussi une partie de son innocence de jeunesse. Ses débuts aux Etats-Unis ne sont pas simples. Elle finira pas sortir la tête de l'eau, non sans y avoir laissé quelques plumes. Une quinzaine d'années plus tard, Ifemenu décide de retourner au pays.
Americanah est un grand roman sur l'Amérique et le rapport à la question de la race, et à l'identité. En effet, c'est en arrivant aux USA qu'Ifemenu devient "noire". Elle découvre en réalité que la couleur de sa peau va commencer à influencer l'éventail des possibles qui s'offre à elle. Elle découvre que, dans ce pays qui se proclame ouvert, le fait qu'on soit noir ou qu'on soit blanc change tout.
Au delà de cette thématique bien présente dans le roman, c'est aussi la question de l'exil qui est explorée car on s'intéresse au départ d'Ifemenu mais à celui d'autres personnages, partis vers l'Angleterre ou les Etats-Unis comme elle. On parle aussi des retours au pays plus ou moins difficiles, de la face qu'on doit sauver.
C'est également un très beau roman d'amour, dans lequel on s'embarque sans soucis et qui se lit d'une traite avec beaucoup de plaisir. Certains passages sont peut-être un peu "bateau", mais le résultat est délicieux. D'une page à l'autre, on a les larmes aux yeux, on rit, on s'émeut des possibles retrouvailles des amants de jeunesse. On vibre avec Ifemenu.
Catherine
Hiver 2015 - disponible aussi en format numérique.